31 août 2007
Symbolisme des couleurs
Voici quelques indications concernant les couleurs sur la représentations des divinités bouddhistes. Ces informations sont principalement tirées du précieux livre de Tcheuky Sengue.
Dans le bouddhisme tantrique, les couleurs des divinités peuvent se référer aux qualités mentionnées ci-dessous, sans que ce soient des équivalences universelles. Nous les donnons à titre d'indication. Pour chaque couleur, la première signification est le plus souvent associée aux divinités paisibles, la seconde aux divinités irritées.
Le fait qu'une divinité soit d'une couleur ne signifie bien évidemment pas qu'elle ne posséderait qu'une qualité à l'exclusion des autres. Toutes les divinités étant des expressions de l'Eveil, elles en personnifient toutes les qualités. Seule leur apparence, au profit des méditants, en manifeste une plutôt qu'une autre.

Samantabhadra (ici en union intime avec sa parèdre Samanthabhadri) représente le Bouddha primordial, celui qui a révélé les tantras. Son corps de couleur bleue comme l'espace et sa nudité, symbolisent le Corps absolu (Dharmakaya) a-delà des formes et des concepts.
bleu
-la connaissance du dharmadatou ou de la vacuité;
-l'ignorance purifiée dans la sagesse du dharmadatou (le même symbolisme est souvent attribué au noir, voire au brun sombre, de certaines divinités irritées).

Chenrézi, symbolise la pureté accomplie, c'est l'incarnation de la compassion
blanc
-la pureté, l'absence des deux voiles (voile des perturbations internes et voile de l'ignorance);
-la colère transformée en sagesse semblable au miroir.

Dzambhala, un des 4 gands gardiens du monde, il tient un joyau dans la main droite, il écarte la pauvreté.
jaune
-la richesse de toutes. les qualités éveillées;
-l'orgueil transformé en sagesse de l'égalité.

Amitabha, la Lumière Infinie, c'est la sagesse qui perçoit d'une manière simultanée & sans confusion, la vacuité de tous les phénomènes et leur interdépendance, de là naît un amour inconditionnel, impartial & libre pour chaque être.
rouge
-le rayonnement de l'amour et de la compassion;
-le désir transformé en sagesse de la distinction.

Tara verte, la Libératrice, c'est la compassion en action d'une manière prompte
vert
-l'activité éveillée;
-la jalousie transformée en sagesse accomplissante.
Il est à noter que le bouddha après avoir atteint l’éveil se fit une tenue en cousant différents morceaux de tissus trouvés, pour leur donner une couleur uniforme, il les trempa dans la boue. C’est pourquoi les vêtures des moines bouddhistes sont toujours dans des couleurs « terre », ocre pour les moines d’asie du sud, noir pour les moines japonais, brique pour les moines tibétains, gris pour les moines coréens...
On dit aussi que c’était un symbole de pauvreté, dans la mesure où l'ocre était réputée la teinture la moins onéreuse ???
Sinon dans un mandala, chaque couleur représente un des 5 éléments traditionnels (terre, eau, feu, espace, air) et aussi une des 5 familles de bouddhas :
blanc
Bouddha Vairochana, a l'est ou au centre. Celui qui agit contre ignorance. Il porte la roue des enseignements et son siège est celui du lion. En effet, il représente le Bouddha en son aspect d'enseignant. Son trône est supporté par des nains mythologiques renommés pour leur puissance physique. Tathagatha de la famille au nom sanscrit de Buddha.
bleu
l'espace cosmique
Bouddha Akshobya ou Vajrasattva [tout blanc, celui qui purifie] Il agit contre le colère et son trône est supporté par des éléphants. Le vajra est son symbole et il est le Tathagatha de la famille nommé Vajra.
rouge
l'ouest, Amitabha tenant son bol ou un fleur sur trône lotus, avec paons. Il agit contre la crainte. C'est le Tathagatha de la famille nommé Padma (lotus.)
vert
Au nord, Amoghasiddhi sur trone avec supports en forme de shang-shangs [etres moitié oiseau, moitié humain] tiens la croix-vajra. Il agit contre l'orgeuil. Tathagatha de la famille Karma (action.)
jaune
Ratnasambhava, Bouddha transcendantal du sud assis sur son trône avec un cheval a chaque coin.
Portant un joyau, il agit contre l'avidité. Tathagatha de la famille Ratna (joyau.)
Vous pourrez trouver ici, une page complète sur les couleurs et les familles des Bouddhas.
LE SYMBOLISME EXTERIEUR DU TEMPLE BOUDDHISTE AU LADAKH
Ces renseignements sont tirés d’un autre livre de Tcheuky Sengué.
Ces informations ne se retrouvent pas toutes de la même manière sur tous les temples, tout dépend aussi du contexte (ils sont souvent construits sur et contre une montagne), il peut y avoir plus de marches, plus de piliers etc... ce sont les termes génériques, un apprentissage mnémotechnique des enseignements. De la même manière je n’ai retenu que certains symbolismes, mais c’est beaucoup plus complet :
Les marches du porche symbolisent les "quatre attentions parfaites":
attention parfaite au monde extérieur,
attention parfaite au corps,
attention parfaite aux sensations,
attention parfaite aux phénomènes mentaux.
Les quatre piliers sur le devant du porche représentent les "Quatre Nobles Vérités":
vérité de la souffrance,
vérité de l'origine de la souffrance,
vérité de la cessation,
vérité du chemin.
La porte d'entrée symbolise l'entrée sur le chemin de la libération.
La frise rouge en haut représente la capacité qu'a le dharma d'établir les êtres dans les champs de manifestation pure, les paradis créés par l'esprit des Bouddhas.
Les fenêtres correspondent à la "vision illimitée" qui perçoit simultanément dans toutes les directions.
Au Tibet, il arrive que, devant la façade du temple, soit tendue une grande pièce de tissu noir. Tissée en épaisse laine de yak, elle n'a d'autre fonction que de protéger du froid intense régnant sur les hauts plateaux.
Le toit représente la fin de toute souffrance.
Surmontant la masse souvent imposante d'un temple, brillent sur le toit plusieurs ornements recouverts d'or qui ne sauraient manquer d'attirer l'œil: une roue flanquée de deux biches, des bannières de victoire et un pignon doré.
LA ROUE FLANQUÉE DES DEUX BICHES est posée en borduré du toit, de manière à être très visible.
La roue elle-même, qui transmet une idée de mouvement, de propagation sur la Terre entière, symbolise l'enseignement du Bouddha, le dharma, on l'appelle donc une Roue du Dharma.
Ses huit rayons représentent l'Octuple Noble Sentier (vue juste, pensée juste, parole juste, effort juste, moyens de subsistance justes, attention juste, absorption juste, action juste).
Les biches, quant à elles, rappellent les circonstances dans lesquelles le Bouddha, selon l'expression consacrée, mit en mouvement pour la première fois la Roue du Dhanna, c'est-à-dire donna son premier enseignement.
Après avoir obtenu l'Eveil sous l'Arbre de la Bodhi à Bodhgaya, le Bouddha, en effet, considérant la profondeur de l'état qu'il avait atteint, pensa tout d'abord qu'il ne servirait à rien d'enseigner, car personne ne pourrait comprendre. Il déclara:
"J'ai trouvé un Dharma pareil à l'ambroisie, Profond, paisible, simple, incomposé, radieux. Comme nul n'entendrait ce que j'en montrerais, Je demeurerai coi au cœur de la forêt"
Toutefois, sept semaines plus tard, il reconsidéra son jugement et choisit de communiquer sa découverte. Il décida de guider en premier lieu cinq ascètes qui;-avaient été à ses côtés au cours des six années de terribles austérités auxquelles il s'était précédemment adonné.
Il alla les retrouver à Samath, en bordure de l' actuelle ville de Bénarès, et leur délivra son premier enseignement, développant le thème des Quatre Nobles Vérités. Ceci eut lieu dans un endroit nommé le Parc des Gazelles (ou Parc des Biches). C'est pour commémorer cet événement que la Roue du Dharma est assistée de deux biches.
Celles-ci sont non seulement un rappel de la "mise en mouvement" de l'enseignement, mais elles représentent aussi les disciples attentifs, suggérant que le dharma est pour eux source de paix, de douceur et d'humilité.
LES BANNIÈRES DE VICTOIRE se présentent sous la forme de cylindres métalliques agrémentés de reliefs; elles sont fichées à chaque coin du toit Ces bannières, originellement en tissu, symbolisaient dans l'Inde ancienne la victoire d'une armée sur le camp ennemi.
Elles ont été reprises par la tradition bouddhiste pour représenter la victoire du dharma sur les forces négatives, du spirituel sur le temporel.
Sur le toit des monastères, on remarque parfois deux sortes de bannières de victoire: les plus fréquentes sont en métal (doré ou non); d'autres sont enrobées de tissu noir et surmontées d'une tête de mort et d'un trident. Ces dernières, appelées "bannières de victoire du cœur" (tib. touk gy gyaltsèn), rappellent davantage la présence des divinités d'aspect farouche connues sous le nom de "protecteurs du dharma".
LE PIGNON D'OR (tib. sertok) (à gauche sur la photo ci dessus) pointe vers le ciel au sommet du petit toit incliné qui surplombe habituellement la terrasse constituant la plus grande partie du toit du temple tibétain.
Les rondeurs et les resserrements du pignon d'or lui donnent une forme très particulière; celle-ci, comme toujours chez les Tibétains, n'est pas seulement le reflet d'une recherche esthétique, mais plutôt d'une symbolique exprimant de nombreuses qualités du dharma (Lotus, cloche, joyaux...)

Lama Thupstan Wangchuk dans la salle de méditation et de réception de son école devant une statue de Mandjushri
(Divinité de la sagesse, invoquée chaque matin avant les cours)
L'UTlLISATlON DE L'OR - Les Tibétains aimaient utiliser pour leurs temples de grandes quantités d'or, dont ils recouvraient non seulement le pignon, mais aussi, quand ils le pouvaient, les toits, les statues ou d'autres objets.
Il n'est pas rare que cette magnificence déroute les Occidentaux, qui voient une sorte de contradiction entre la pauvreté (mais, disons-le, rarement l'indigence) du peuple tibétain et l'utilisation des biens précieux à des fins qu'ils jugent secondaires.
Pourquoi secondaires? Parce qu'ils y voient avant tout une décoration.
Les Tibétains en général, et les Maîtres en particulier, ont une tout autre idée de l'usage de l'or pour les temples. S'il s'agissait simplement d'agrément esthétique, sans doute seraient-ils les premiers à regretter ce déploiement de richesses. Cependant, parer d'or la demeure divine remplit pour eux une fonction bien différente, qui est triple:
tout d'abord, en offrant ce qui, aux yeux des hommes, symbolise la richesse, on fait l' apprentissage du détachement;
en deuxième lieu, par la valeur de ce que l'on offre, on comprend d'autant mieux la valeur de ceux à qui l'on offre; l'importance de l'offrande donne en elle-même de l'importance au chemin que l'on veut parcourir;
en troisième lieu, par l'offrande, on accumule du mérite, autrement dit, on produit du karma positif, facteur, dès cette vie, de bien-être et de bonheur pour l'ensemble des habitants de la planète, facteur encore de bien-être et d'énergie spirituelle pour les vies futures.
Salle de réception et de méditation
Salle de réception et de méditation dans l'école.
La statue derrière Lama Thupstan Wangchuk est celle de Manjusri, la déité de la sagesse
tous les matins les jeunes font la prière à Manjusri pour avoirl'esprit clair pour étudier








